Plusieurs semaines passèrent sans que Thalie ne recroise ce mystérieux garçon aux yeux verts. Elle était rêveuse et son cœur s’était emballé comme jamais il ne l’avait fait. Elle se souvenait encore de la douceur de sa poigne lorsqu’il l’avait prise par la taille pour prendre la pose. Forte heureusement, son frère Rémi, avait eu la bonne idée de prendre lui aussi la photo depuis son téléphone. La jeune femme l’avait fait imprimé et elle trônait fièrement sur sa table de chevet… Mais qui était-il ? Elle ne savait que deux choses de lui, son physique qui laissait penser qu’il travaillait dans le militaire, mais aussi son prénom : John. Et elle rêvait, énormément, comme elle n’avait pas rêvé depuis la mort de son jumeau. C’était des rêves banals, mais John figurait à chaque fois dedans. Il venait la voir à chacune de ses représentations, ne manquait aucuns de ses spectacles. Elle se réveillait toujours en sursaut sans savoir où était le faux et où était le vrai, ce qui avait le don de la perturber énormément. Ce jour-là, elle donnait une nouvelle présentation. Le lancement avait été un franc succès et elle espérait que la pièce ferait salle comble tout comme la première fois. Elle finit de se préparer avant de se lever et de se rendre jusqu’au théâtre.

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La pièce était terminée, elle sortait des coulisses et fut surprise de voir quelques personnes la guetter. Tous lui demandaient des autographes ou quelques photos avec eux. Elle se plia de bon cœur à leur demande et sourit à chaque des photos, personnalisa chaque autographe. Alors qu’elle repartait, elle entendit une voix qu’elle ne pensait pas entendre de sitôt.

- Votre jeu était encore plus beau que la dernière fois mademoiselle Alpha.

- Oh… Bonsoir John ? Je ne pensais pas vous revoir de sitôt.

Il lui sourit, ses yeux verts reflétant son sourire.

- Je ne manquerais vos représentations pour rien au monde. Vous êtes vraiment très talentueuse.

- Merci, dit la jeune fille en se dandinant légèrement. Elle se sentait gênée sans savoir pourquoi. Ce n’était pourtant pas son style d’être ainsi mal à l’aise. Elle était plutôt sûre d’elle, mais face à lui, elle avait l’impression de devenir une adolescente complètement stressée face à son premier passage oral devant la classe… Ce qui ne lui était jamais arrivée. Elle sursauta en voyant un bouquet de roses rose apparaître dans son champ de vision.

- C’est pour vous, dit John en souriant doucement. Il semblait à l’aise mais au fond il cachait son incertitude. Depuis ce premier soir au théâtre, il avait été incapable de sortir la jeune femme de son esprit, puis-je vous inviter à boire un verre ? demanda-t-il tandis que la jeune brune prenait le bouquet et le portait à son nez.

- Merci… Elles sont très odorantes… Je…

- S’il vous plait, juste un verre. Je vous promets de ne rien entreprendre. J’aimerais juste apprendre à vous connaître.

- D’accord… Mais c’est moi qui choisit le bar alors.

- Très bien.

Thalie suivit alors le jeune homme vers sa voiture en se disant qu’elle était complètement folle de suivre un parfait inconnu. Pourtant elle le suivit, elle avait l’impression qu’elle ne risquait rien avec lui et une petite voix lui chuchotait que si elle ne le suivait pas maintenant, elle le regretterait toute sa vie.

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Ils allèrent dans le bar-boite de nuit préféré de la jeune femme. Elle sourit au videur qui la salua comme une vieille amie avant de les laisser rentrer, elle et son compagnon. Ils s’installèrent au bar et commandèrent des boissons. Thalie commanda un Sunset tandis que John demandait un whisky-coca.

- Vous êtes militaire non ? demanda soudain Thalie en attendant que leurs boissons arrivent.

- Oui… Comment avez-vous deviné ?

- La coupe de cheveux et la boisson que vous avez commandé. Votre physique aussi, vous êtes plutôt baraqué, j’avais trois possibilités : pompier, policier ou militaire, en voyant votre coiffure, j’hésitais entre policer et militaire. Je me suis dit que si vous commandiez un whisky-coca vous seriez militaire.

- Votre raisonnement est original… Répondit le jeune homme avec un sourire énigmatique.

Thalie le lui rendit avant d’attraper sa boisson qui arrivait. Elle aspira une gorgée avant de taper du pied en rythme sur la musique.

- Qu’est-ce qu’un militaire fait avec une actrice débutante comme moi ? demanda alors Thalie.

- Et bien, ma dernière mission a été plutôt difficile, je suis en permission jusqu’à ce que le psychologue me déclare apte à reprendre le travail.

- Oh… Où étiez-vous ? demanda alors Thalie, compatissante.

- En Irak. En pleins milieu des affrontements.

- Je suis désolée.

- Moi pas, je sert mon pays, même si ce n’est pas toujours facile… dit-il en prenant une gorgée de sa propre boisson, et vous ? Pourquoi cette tristesse dans votre regard ?

Thalie se figea, comment le voyait-il ? Même sa famille ne la voyait pas, elle était pourtant bonne comédienne, comment pouvait-il voir ? Elle le regarda mordillant sa paille.

- Si vous ne voulez pas en parler…

- J’ai perdu mon frère jumeau il y a… deux mois maintenant, dit-elle alors en sentant sa gorge se serrée. Elle pensait être passé au-dessus de ça. Pensait avoir fait son deuil, mais apparemment non. Elle avait dû se tromper. Elle prit une nouvelle gorgée de son cocktail évitant le regard de l’homme à côté d’elle.

- Je suis désolé, répondit John, je n’aurais pas dû être aussi indiscret…

- Ce n’est rien, c’est pas comme-ci cela n’avait pas fait la une des journaux des dernières semaines.

- Attendez… Le jeune qui a succombé à ses blessures au couteau ? C’était votre jumeau ?

- Oui.

- La cruauté humaine n’a vraiment aucune limite.

- Ce n’est pas moi qui vais vous l’apprendre…

- Malheureusement non, répondit John.

L’ambiance devenant un peu lugubre jusqu’à ce que Thalie se lève soudain, les yeux brillants.

- J’adore cette chanson… Vous dansez ?

- Euh… Si vous voulez mais je vous préviens je ne suis pas doué.

- Moi non plus, dit la jeune femme en haussant les épaules.

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John se laissa entraîner un rire silencieux sur les lèvres. Il ne la croyait pas une seconde, elle dansait lors d’une des représentations et il savait qu’elle dansait magnifiquement bien. Pourtant, lui qui avait deux pieds gauches, se laissa entraîner et prit même du plaisir à danser en compagnie de la jeune femme. Il regarda le corps de la jeune femme se mouvoir sur la piste, bouger au rythme de la musique. Ces courbes indéniablement féminines, mise en valeur par son haut moulant et sa jupe mi longue. Elle n’était pas habillée de manière ostentatoire comme d’autres dans la boite, mais elle semblait briller de l’intérieur, attirer les projecteurs, comme la lumière attirait les papillons. Et il avait l’impression d’être ce papillon, qui s’il s’approchait un peu trop, risquait de peut-être se brûler les ailes. Les deux jeunes gens restèrent ainsi à danser, discuter et boire une bonne partie de la nuit. Finalement, il raccompagna Thalie chez elle, non sans avoir réussi à lui donner son numéro et récupérer le sien.

- Votre nom de famille ? demanda Thalie, d’une voix rendue un peu pâteuse par l’alcool.

- Smith, je suis John Smith.

Thalie sourit et déposa un baiser sur sa joue avant de rentrer chez elle, chantonnant légèrement. John resta un long moment la porte de la maison de Thalie, bien longtemps après que la jeune femme ne soit rentrée. Il restait un peu surpris. Elle l’avait embrassé, lui l’inconnu, elle l’avait embrassé sur la joue. Il sentit un sourire niais se dessiner sur ses lèvres alors qu’il remettait le contact pour rentrer à son tour chez lui.

4

Quelques jours passèrent, Thalie guettait régulièrement son téléphone et regardait souvent le numéro de John. Elle se demandait si elle n’avait pas rêvé de cette fameuse nuit où ils avaient discuté, dansé et bu. Elle se demandait même s’il allait un jour lui envoyer un message. Elle rangea son téléphone dans son sac et ferma son casier avant d’aller à sa répétition. Lorsqu’elle revint deux heures plus tard, elle eut la surprise d’avoir plusieurs appels manqués mais surtout… Un sms qui fit battre son cœur à cent à l’heure.

J’ai essayé de t’appeler mais tu dois être en répétitions… Je t’attends devant le théâtre à 14h30. J’ai entendu dire qu’il y avait un festival au parc… Je t’y invite.

A tout à l’heure,

John.

Thalie effectua un petit pas de danse avant de regarder l’heure, elle était déjà en retard d’une vingtaine de minutes, elle se changea très vite avant de courir dehors. Elle attendit devant le théâtre en se mordant la lèvre quand elle sentit une présence derrière elle. Elle se retourna et tomba nez à nez avec un bouquet de tulipes jaunes.

- Tu es magnifique aujourd’hui encore, dit John en apparaissant derrière le bouquet.

- Merci…, dit la jeune femme en prenant les fleurs, elle rougit très légèrement, tu connais le langage des fleurs ? demanda-t-elle innocemment.

- Oui… Et toi ? demanda-t-il une lueur amusée dans le regard.

- Oui…

- On y va ? demanda John en lui jetant un regard qu’il espérait lourd de sens.

Thalie hocha la tête et le laissa l’emmener au parc non loin de là.  Ils s’arrêtèrent déjeuner un morceau. Ni l’un ni l’autre n’avaient mangé avant de venir et chacun avait une faim de loup. Thalie commanda un américain tandis que John prenait un hot-dog. Ils mangèrent tout en discutant de tout et de rien. Soudain, il changea complètement de sujet.

- Je suis désolé de ne pas t’avoir contacté avant mais ma mère était malade. J’ai dû m’occuper d’elle.

- Rien de grave j’espère ? demanda Thalie légèrement inquiète.

- Non, une bronchite, mais comme elle est asthmatique et plutôt âgée on surveille attentivement l’évolution de la maladie…

- Je comprends, elle va mieux ?

- Oui, le plus dur est passé.

- Tant mieux, dit Thalie en jetant le papier de son sandwich à la poubelle.

- Tu veux faire du roller ? demanda soudain John en changeant de sujet.

- Je n’ai jamais fait ça, pourquoi pas.

- Alors viens, dit-il en lui prenant la main. Il l’entraina vers le stand de location de roller. Nous étions encore dans des saisons douces, même si l’automne était bien installé, les températures étaient encore trop hautes pour que la piste de roller soit remplacée par la patinoire. Il loua deux paires de roller avant d’entraîner Thalie à sa suite sur la piste.

5

La jeune femme alla doucement, elle n’avait jamais fait de roller avant aujourd’hui. Elle avait fait de la danse, de l’escalade, de la course, du ski, du surf, mais du roller jamais. Elle adora la sensation du vent s’engouffrant dans ses cheveux, l’air frais lui piquait les joues. Soudain elle se sentit partir en arrière, en écarquilla les yeux. John apparu alors comme par magie et la rattrapa,

- Doucement, lui dit-il en l’aidant à se redresser. Reste bien au-dessus de tes pieds, ne laisse pas ton poids du corps partir trop en avant ou en arrière d’accord ?

Thalie hocha la tête, sentant son visage devenir écarlate, et se mordit la lèvre se concentrant. Elle fit quelques pas hésitant sur la piste et manqua à nouveau de tomber mais John fut à nouveau là et la rattrapa. Il garda alors sa main et l’aida à trouver ses marques. Ils patinèrent une bonne partie de l’après-midi, avant d’aller essayer les autres activités proposées par le festival. Ils firent la maison hantée. John espérait que Thalie aurait peur et en même temps non, il fut agréablement surpris lorsqu’elle rigola à de nombreuse reprise face aux monstres qui tentait de les effrayés. Il sentit son cœur se réchauffer dans sa poitrine. Indéniablement, il était tombé sous le charme de la belle brune aux yeux bleus. Il la regarda choisir un parfum de barbe à papa et se retourner un sourire aux lèvres en lui demanda ce qu’il voulait.

- La même chose que toi, dit-il en lui rendant son sourire. Il était amoureux de son sourire… Non, il était amoureux d’elle tout court, se rectifia-t-il en la regardant commander une seconde sucrerie. Il voulait la voir sourire, chaque jour qui passait et s’il pouvait être à ses côtés à chaque étape de sa vie… Il serait le plus heureux des hommes.

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Ils s’assirent sur un banc pour manger leur barbe à papa et John la regarda du coin de l’œil. Depuis qu’il l’avait rencontré, il se sentait changé. Ce qu’il avait vécu en Irak l’avait profondément remué. Il était le seul survivant de son unité, il avait passé deux mois dans le coma avant de pouvoir rentré auprès de ses parents. Il avait eu une longue période où il ne parlait pas, il avait des accès de colère et de violence, jusqu’à ce qu’il ait son premier rendez-vous avez la psychologue. Il avait été septique, mais cela l’avait beaucoup aidé. C’était d’ailleurs elle qui lui avait parler de la pièce de théâtre… Et qu’il avait ainsi pu rencontrer Thalie.

- J’ai de la barbe à papa quelque part ? demanda la voix flutée de la jeune femme.

- Mhm ? demanda John en sortant de ses pensées.

- Tu me fixes depuis tout à l’heure, j’ai une tâche ?

- Oh, non. Excuse-moi, j’étais un peu perdu dans mes pensées, dit-il en lui souriant.

- Je vois, répondit Thalie en picorant sa sucrerie.

Une idée commençait à germé dans son esprit, mais il lui faudra un peu de temps pour la mettre en place. Il alla jeter son bâton avant de proposer à Thalie.

- Tu fais quelque chose demain soir ?

- Non rien pourquoi ?

- Je t’invite au restaurant puis au cinéma.

- Tu vas te ruiner ! s’exclama la muse en levant des yeux surpris vers lui.

- Mais non… A moins que tu ne veuilles pas ?

- Si… Ce serait avec plaisir.

- Très bien. Demain 19 heure alors ? Je passerais te chercher.

- D’accord… Tu me raccompagnes ? demanda la jeune femme, je ne viens jamais avec ma voiture, on fait du co-voiturage d’habitude.

- Pas de soucis, je te raccompagne.

7

Le lendemain soir, Thalie était en pleine effervescence. Elle n’arrivait pas à se décider. La robe ou la tenue avec son jean ? Elle entendit toquer à sa porte.

- Entrez ! dit la jeune femme en refermant son peignoir.

- Tu t’en sors ? demanda sa mère en posant une pile de lingue sur sa commode.

- Pas vraiment… Je n’arrive pas à me décider, dit Thalie à sa mère qui s’approcha alors du lit, regardant les deux tenues.

- Tu seras plus à l’aise en robe, je te connais. Et puis… Elle te met plus en valeurs, dit sa mère avant de sortir de la chambre en laissant sa fille lui râler après. Cependant Thalie suivit les conseille de sa mère et passa sa petite robe noire avec un gilet court blanc par-dessus. Même si les températures en journée étaient encore douces, en soirée elle frôlait facilement le zéro, et il n’était pas question de tomber malade alors qu’une grosse tournée se préparait.

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A 19 heure pétante, John sonnait à la porte de chez Thalie et sa famille. Ce fut Rémi qui lui ouvrit. Il était en repos ce soir-là, du moins il serait appelé que si l’hôpital avait besoin de lui.

- Bonsoir, vous devez être John ? dit Rémi en lui tendant la main, je suis Rémi, le frère aîné de Thalie.

- Enchanté, et oui c’est bien moi.

- On peut dire que  vous l’avez mise dans tous ses états, rit-il, entrez, je vais lui dire que vous êtes là.

- Merci, dit John en entrant.

9

Quelques instant plus tard, les parents de Thalie firent la connaissance du jeune homme et c’est en grande conversation avec eux que Thalie le découvrit dans le salon. Lorsque John se retourna en entendant le pas ténu de Thalie, il resta à demi bouche bée. Clio retint un rire tandis que Benjamin enlaçait son épouse. C’était la première fois que leur fille leur parlait d’un garçon qui l’avait invité. Ils avaient été surpris, mais heureux pour leur fille et la première impression que ce garçon leur donnait, leur plaisait. Ils les regardèrent partir, en souriant. Ils espéraient pour leur fille, que cette soirée se passerait bien.

- Où est-ce que tu m’emmènes ? demanda Thalie dans la voiture

- C’est une surprise, dit John en conduisant jusqu’à un petit restaurant un peu à l’écart du centre-ville.

Thalie regarda John et le suivit à l’intérieur du restaurant. Elle n’en croyait pas ses yeux, elle adorait ce restaurant.  Ils s’installèrent à une place près de la grande baie vitrée et commandèrent un apéritif.

- Tu es vraiment magnifique…, dit John en regardant la jeune femme face à lui.

- Merci…, dit Thalie, tu n’es pas mal non plus tu sais.

- Je n’ai pas fait grand-chose, juste passé une chemise mais merci.

Ils discutèrent de tout et de rien et dînèrent avant que John ne l’emmène au cinéma.

- Qu’est-ce que tu veux aller voir ? demanda John à la jeune femme.

- Je ne sais pas… Qu’est-ce qu’il y a en ce moment au cinéma ?

- Mhmm… Je pense que tu aimerais Doctor Strange.

- C’est un Marvel ?

- Oui.

- Alors allons-y. J’aime beaucoup les Marvel, répondit la jeune femme en suivant John vers les caisses. Il paya les tickets avant d’aller acheter des boissons et sucreries et d’aller dans la salle avec la jeune femme. Presque deux heures plus tard, ils sortirent du cinéma. Ils discutèrent un long moment dans la voiture avant que John ne la raccompagne. Il la suivit jusque sa porte.

- Merci pour cette soirée…, dit Thalie avec un sourire doux.

- Merci à toi d’avoir accepté.

- A bientôt ? demanda la jeune femme, une interrogation dans la voix et dans les yeux.

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John hocha la tête et la regarda un long moment. Il prit alors doucement son visage entre ses mains, elle paraissait tellement fragile ainsi ! Comparée à lui avec ses grandes mains calleuses… Finalement, il posa doucement ses lèvres sur les siennes. Thalie sentit un long frisson lui parcourir l’échine lorsque John l’embrassa. Jamais elle n’avait ressenti ça, et pourtant des garçons beaucoup l’avait embrassé mais jamais comme John le l’avait fait. Elle passa ses bras autour de lui, profitant de cet instant. Elle avait l’impression que le temps s’était arrêter. Lorsque John s’écarta d’elle, elle se perdit dans ses yeux verts.

- Mademoiselle Thalie… vous m’avez ensorcelé… murmura John en posant son front contre le sien.